FVCKRENDER : rigueur et créativité

Souvent, quand on pense à la création artistique, on a l’idée de l’artiste bohème, dont l’inspiration est tel un esprit flottant autour de lui, qu’il utilise au gré de son humeur. FVCKRENDER est ce que l’on peut qualifier de machine à créer. C’est un artiste prolifique, voire hyperactif, dont la détermination est l’outil de création principal. Son domaine est celui du 3D et sa méthode est la rigueur. Son objectif, qu’il tient depuis plus de 900 jours, est de produire une œuvre chaque jour, quoi qu’il arrive. Neuf-cents œuvres pour le moment, et le marathon continue.

« Je me suis imposé de créer une œuvre par jour. En m’imposant cela j’étais sûr de progresser et d’atteindre un niveau de justesse dans mon travail assez rapidement ».

Le travail de FVCKRENDER a d’abord commencé parallèlement à une job en restauration. Il n’était pas rassasié des longues heures de ses shifts, alors il s’est mis à apprendre de lui-même les logiciels de design et 3D. C’est un «workaholic» assumé et ça lui a bien réussi. Au fil des années, son instagram est devenu la source principale de satisfaction pour son addiction au travail pour le plus grand bonheur de ses followers. Quand on débarque dans ce flot incroyable d’images, on peut d’abord se sentir perdu, mais en y regardant de plus près, on remarque une progression, un dialogue, d’une œuvre à l’autre. C’est en regardant les images dans le sens chronologique que l’on constate cela. Il y a une logique esthétique qui se tient d’un jour à l’autre, c’est un art vivant, qui évolue avec son créateur, des motifs qui se font écho puis qui se transforment. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Je ne vois pas de meilleure description pour le travail de FVCKRENDER, dont la rigueur est le maître-mot.

« Je pense qu’il faut de la rigueur pour réussir. Et puis je suis un passionné et un curieux. »

La réussite pour les artistes Montréalais n’est toutefois pas une chose qui reste très locale. Aujourd’hui, l’artiste 3D a une notoriété qui ne cesse de s’élargir et qui dépasse les frontières de Montréal pour arriver aux Etats-Unis, où des expositions importantes se préparent. Qu’en est-il du succès auprès du public local ?

« Lorsque l’on est un talent émergent à Montréal, on crée pour nous, et pour la communauté créative aussi. C’est très stimulant car Montréal regorge de talent très cool, mais ce n’est pas simple d’atteindre le reste des Montréalais. Et lorsque l’on commence à être un peu connu, c’est souvent plus à l’étranger que les choses prennent qu’à Montréal même. Fait que les talents montréalais sont tentés de partir à l’étranger c’est sûr ».

Être artiste à Montréal a des avantages indéniables, comme celui de l’énergie de la ville, dans laquelle l’artiste peut puiser pour connaître et affirmer son style, avoir un public restreint, mais averti pour jauger son impact sur la communauté. Quand on y pense, on n’est pas si nombreux dans cette grande ville, et la proportion de personnes tournées vers les nouveaux arts n’est pas encore assez élevée pour faire éclater ces artistes au grand jour. Il y a une étape, même une épreuve sur le chemin de ceux qui ont cette détermination : c’est celle de l’international. Par le rayonnement extérieur, l’art reviendra chez lui, plus fort.

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Illustrations : FVCKRENDER
Rédaction : Gino Bahna